Lundi 6 juillet 2009 1 06 /07 /Juil /2009 14:00
Il est des provocateurs qui jouent sur les cordes de la peur et du désaccord comme un virtuose sait tirer des larmes de son violon. Et leur archet n'est autre que notre propre hypocrisie.
Via Marianne, l'un des collaborateurs de Riposte Laïque (Robert Albarèdes) s'est récemment fendu d'une lettre ouverte à Henri Guaino. Lettre qui, en substance, pointe du doigt le porte-à-faux entre le discours présidentiel sécuritaire et les actions menées, peu après le caillassage de la voiture de Guaino à Montfermeil.  Et, rapidement, une phrase illustre à elle toute seule le ton du billet : " L’élection passée, le vent a tout emporté, et le « nettoyeur haute pression » est resté à l’atelier".

Okay. A la poubelle, les masques, prière de Kärcheriser maintenant. Ceci dit, ce gloubiboulga d'idées pernicieuses a de quoi faire sauter au plafond :
Et ne croyez pas que c’est « la misère » sociale qui les pousse au délit : ils ont plus qu’il ne faut pour vivre ( et ils agglutinent à eux tout le réseau familial, au sens large du terme), « roulent » voitures confortables et grosses cylindrées rutilantes, possèdent les derniers produits « higt-tech » à la mode, et dépensent joyeusement en amusements de toutes sortes des sommes rondelettes tout en veillant durement à l’intégrité de leur « territoire ».

Marrant, on pourrait presque dresser une vidéo, toute subversion assumée, figurant le bal des Lagardères&Bouygues familles, accompagnées d'un Fillon triturant son I-Pod (il y-a de bonnes chances qu'il pète un record interplanétaire de Tetris), déboulant de leurs caisses à vitres teintées au Fouquet's. Fort belle description dont l'envers interprétatif est savoureux, tant qu'on en reste au littéraire. Du reste, l'auteur du billet pointe, malgré lui ironiquement, que celui qui souffre tous les jours d'évoluer au milieu de ce tableau, c'est "le citoyen lambda". Pauvre, pauvre "citoyen lambda", qui n'a plus ni clan familial, ni Dieu, ni même d'idéaux pour se sentir socialement signifiant.

Bigres. Mais en effet, les communautarismes se développent moins sur la "misère économique" que sur la "misère sociale". Cette petite nuance qui fait que "l'intégration" est en panne, voire carrément en cale sèche. Que les cités se replient sur elles-mêmes, et se repliant, se voient toujours davantage rejetées : cercle vicieux des plus affreusement banals. Mais pourquoi donc se replient-elles sur elles-mêmes, ces cités ? Pourquoi regorgent-elles d'indigènes de la république et, comme le pointe hystériquement le site auquel vous contribuez, monsieur Albarèdes, de femmes voilées et d'islamistes radicaux ?

Pourquoi est-ce que plus on cogne dessus, plus le repli gagne en ampleur, monte au créneau et provoque ? Peut être en raison d'un vice de forme central  :
Aussi, les hommes et les femmes de ce pays, très majoritairement acquis aux valeurs de notre République, à la laïcité, à la primauté de la loi générale, à l’élaboration démocratique de cette loi, au respect de cette loi générale par tous et encore plus par ceux qui ont été accueillis et qui doivent s’intégrer, vous sont par avance reconnaissants de donner, à votre tour, cette information à celui qui est au plus haut niveau de l’Etat et qui a prononcé le discours précité.

Accueuillis ? Accueuillis dites-vous ? Non. Il y-a encore quantité de racisme ordinaire qui veut que l'on tolère, et pas qu'on accueuille. Devoir d'intégration dites-vous ? Quel devoir d'intégration pour qui est né français ? Il n'a pas choisi sa nationalité, monsieur, comme vous n'avez pas choisi la votre. Ces "sauvageons" n'ont pas choisi grand chose, si ce n'est un modèle de survie au sein de leur milieu. Un milieu ghettoisé, construit à la hâte, bien à l'écart des villes. Des cages à lapins péri-urbaines. Comment auraient-il le devoir de s'intégrer alors que tous les moutons de la république leur ont dit d'entrée : "nous ne voulons pas de vous, vous êtes un greffon". Eh bien le greffon se bat.

Vous parlez de restaurer l'autorité de l'état ? Quid de l'urbanisme et d'une vraie politique de relogement ? Promouvoir une authentique mixité sociale, en somme. Casser les regroupements scolaires de type ZEP par ce biais. Celà risquerait-il de vous brusquer par hasard ? Allez, à d'autres. On préfère encore taper, plutôt que de remettre en cause les raisons qu'à le greffon de se battre.

Il se bat moins contre nos idéaux républicains que contre nos propre hypocrisies vis à vis de ces idéaux. Parce que ceux qui refusent les valeurs communes n'ont pas à être écartés, ils le font d'eux-mêmes.
La loi ne doit surtout pas devenir l'expression de la volonté générale (c'est une fausse légitimité fondée sur un culte superstitieux de l'efficacité finissant par imposer des modèles creux de toute conviction humaniste), mais la protection des libertés de chacun, dans la limite de ce qu'elles n'attentent pas à celle d'autrui.

Si l'identité nationale a besoin d'être imposée par le bâton, c'est qu'elle ne convainc plus. Le modèle républicain n'est pas en panne d'identité, il est en panne de vertu et d'exemplarité. Nul ne prend pour modèle un hypocrite, sauf le magouilleur pour qui la fin justifie les moyens, en toute chose, et dont seul l'intérêt et la "réussite personnelle" est un gage d'estime de soi.
Continuez à croire pouvoir imposer des valeurs d'acceptation et d'intégration par la matraque, et vous ne ferez que créer plus de communautarismes victimistes, plus de pensée unique et inique. Seule l'exemplarité fédère.

Au demeurant, vous jouez un jeu de qui-perd-gagne, en demandant à prendre acte de toujours plus de condamnations, toujours plus d'exclusions,  vous appellez à changer la rès publica en un autre clan, un autre ghetto. A ce jeu là, c'est toujours la république qui perd.
Par A.Thos. - Publié dans : A poil Vertignasse et autres attaques personnelles - Communauté : Les Blogs Sarkostique
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Commentaires

Cette lettre ,si elle emploie le ton que tu décris (décrie), n'est qu'un vulgaire appel du pied , des fois qu'un poste intéressant se délivre.Autrement dit " On est des vôtres,renvoyez nous l'ascenseur..."
Commentaire n°1 posté par METEXTOFF le 07/07/2009 à 23h49
Oui. Ceci dit le durcissement du ton des groupes laïcards me file froid dans le dos. Ils appellent à des méthodes et des représentations particulièrement fascisantes. Et en deviennent à tel point fanatiques qu'ils salissent et corrompent jusqu'aux idées qu'ils sont sensé défendre. Voltaire et Montesquieu (ouh là, les dangereux personnage, ultra gauche, attention...) aujourd'hui seraient taxés d'anarchistes. Le débat et l'air du temps se droitise lourdement.
Réponse de A.Thos. le 07/07/2009 à 23h55
L'exemple de ces faux culs ,le plus flagrant est celui du directeur de Charlie-hebdo , qui après avoir fait un tapage du diable lors de l'histoire des caricatures (on l'a vu sur tous les plateaux de télé ,vociférant pour la liberté d'expression) et qui n'a pas hésiter à jeter son dessinateur qui dans le cadre de cette même liberté d'expression a fait le mauvais dessin(Il n'a pas caricaturé les bonnes personnes).Il vient d'en être récompensé...
Commentaire n°2 posté par METEXTOFF le 08/07/2009 à 00h07
Un exemple non parallèle, mais chassé-croisé, oui. Il est de bon ton de cogner sur l'Islam, en ce que les fondamentalistes en font une horreur. Et certains se font fort de le diaboliser à grands moulinets de leurs augustes manches, en espérant bien ainsi se faire passer pour des anges.
Je ne suis pas musulman loin s'en faut, mais s'il me vient un jour l'envie de vénérer la sainte choucroute je détesterais pour autant de me voir lynché en place publique par les patrons de Mc Donald's m'accusant d'être un dangereux terroriste séparatiste alsacien.

Dans tout ce salmigondi, ce collaborateur de Riposte Laïque vient ajouter à l'amalgame en s'adjoignant la charge de juge ès incivilité en banlieue, pointant le gouvernement pour faute de kärcher. Non que je déplore que matignon aie retenu ses ordres cavaliers, et qu'il faille bien reconnaître que le gouvernement jouit de se faire au besoin pompier incendiaire, mais ce gloubiboulga de préjugés bouche la vision publique et obstrue les canaux médiatiques. On nage encore en pleine marigot des fantasmes.
Sottise et bêtise en cataractes.
Réponse de A.Thos. le 08/07/2009 à 03h36
Ne pas être naïf :
Quand tu parles d'authentique mixité sociale et de politique de relogement... mmmmmpf... En augmentant le taux d'insécurité et de violence, tu peux donner plus de pouvoir à la police et à la justice pour assoir plus confortablement une droite sécuritaire avec une autoroute aux élections... Ou comment squater le pouvoir (cf les USA, le modèle de la droite au pouvoir)... En augmentant l'immigration et le communautarisme, il a été démontré qu'on favorise la compétition intra-communautaire, modèle qui favorise le libéralisme et en définitive la seule valeur qui reste commune à toutes les communautés : l'argent. Or, tout le monde sait que pour vraiment "réussir", il faut quitter sa "famille", sa "communauté". On fabrique donc des soldats étouffés par leur propre communauté. Ou comment, pour prendre un exemple politiquement correct, il est impossible de réussir dans un système libéral si tu es un viet-namien bouddhiste en France qui perpétue la tradition bouddhiste et culturelle viet, alors que tu as toutes tes chances au contraire de faire des prouesses si tu t'appelles Christian Nguyen et que tu deviens athée.
Plus l'usine à cloîtrer dans des communautés fonctionne, et plus on réduit au silence une quantité incroyable d'hommes et de femmes (si les femmes sont voilées, les hommes le sont aussi, psychologiquement) pour ne s'adresser à eux que par l'intermédiaire des représentants de leur communauté... Ce qui est une forme de république et de démocratie totalement... financière ? Puisque finalement l'importance d'une communauté n'est que son poids financier. Surtout si elle ne vote pas. Ne pas oublier que l'abstention favorise toujours le pouvoir en place...
Commentaire n°3 posté par Langue du diable le 08/07/2009 à 08h40
Absolument. Ce que je soulève ici, c'est la droitisation de Riposte Laïque. Pas le fait qu'un gouvernement de droite joue au pompier incendiaire pour garder son fond de commerce sécuritaire (ils sont flagrants).
Derrière ça, la droitisation de la laïcité me fait chier pour ce qu'elle est un long combat afin qu'on fiche davantage la paix aux gens, pas pour accroître les injonctions légales. Si on "croit" en ces valeurs, ce n'est pas pour en faire une forme de foi aveugle (systématiquement dévoyée) mais précise et concrète. Qui croit en ces valeurs et les appliquent n'a pas peur qu'elles soient sumbergées. Soit elles sont progressives et porteuses de bien-être pour le citoyen, auquel cas elles convainquent, soit elles ne le sont pas et échouent devant qui a une conviction du même type mais mieux ancrée puisque fermement superstitieuses.
Je ne suis pas naïf à l'endroit des techniques gouvernementales soufflées de longue date par Nicolas Machiavel. Mais que les associations et les think-tank jouent le jeu tirant à l'extrême droite et dévoient dans la représentation publique la laïcité, là, ça m'exaspère.
Au demeurant, il n-y a, comme tu le souligne, pas beaucoup d'exutoires. Continuer dans ce jeu de cons c'est augmenter l'abstention, promouvoir les communautarismes, se rendre toujours plus vulnérables au système ultralibéral prédateur, dans lequel la multinationale est la nouvelle religion de la "puissance", comme pouvaient l'être autrefois les hauts clergés, fussent-ils grecs, égyptiens, catholiques, etc.
Doit-on aller de lâcheté en lâchetés considérant que c'est ainsi que les choses tournent ? Jaurès disait que le courage, c'est aller à l'idéal et comprendre le réel. L'arène politique manque de ce courage, c'est à mon sens en partie pour celà que tout le débat public s'en va droitisant, pour ne pas dire fascisant.
Réponse de A.Thos. le 08/07/2009 à 15h46
Non, pas fasciste, mais libéral tendance droite dure, oui...
Très grande différence en fait entre le côté fasciste ("la loi du plus fort") et le côté libéral ("la loi du plus riche + la loi du plus malin + la loi du plus opportuniste)différent encore du système monarchique (aristocratique = la loi des meilleurs) et démocratique = la loi du peuple. Très différent du système de haut clergé auquel tu fais référence : théocratie (nécessaire référence à Dieu = intemporel). Le libéralisme n'a pas de haut clergé. Il ne respecte aucune valeur si ce n'est le plaisir immédiat, en grande partie grâce à un système de consommation, d'échanges et d'endettements (ce que tu ne peux contester ;).
Commentaire n°4 posté par Langue du diable le 08/07/2009 à 21h11
Mmmh. Quelque soit la taille des dents et la dimension de la roue sur une roue crantée, elle reste une roue crantée. Quelque soit le nombre de rouages dans une horloge, elle reste une horloge. Je dénonce en fait quel est le lieu de la puissance et la "mystique" associée. Une fois cette puissance établie, soit elle s'établie en service du bien être de la base qui l'a établi, et mute en fonction des changements qu'elle a induit, soit elle mobilise son énergie sur sa propre préservation structurelle, et se détache ainsi de la base qui l'a élevée, jusqu'à un pic de crise. La théorie du pouvoir change sans vraiment changer sa nature théocratique, car si elle passe d'un Dieu intemporel mais dont la volonté est représentée par les caprices d'une aristocratie de droit semi divin arbitrée par ses théocrates, pour changer vers une idolâtrie du droit de propriété privée (un bovin d'or, fabuleuse trouvaille littéraire quand même), c'est juste d'une aliénation à l'autre dans la théorie de la puissance. On change les formes mais très peu le fond. Puissance venant de fascinus, qui est en latin ce que le phallos est en Grec. Ce qui revient à la loi du père, comme si Abraham s'en allait tuer son fils plutôt que de voir Isaac réformer la tribu en prenant sa tête.
Le seul "gain" obtenu dans la démocratie est de s'auto mutiler d'un leader sur des périodicités courtes. Mais pour le reste, les vieilles manies ont la vie dure ;)
Réponse de A.Thos. le 08/07/2009 à 21h28
oui... mais pas "fasciste" pour autant...
fasciste signifie hiérarchie très forte, culte du chef, système militaire, oppression et tradition forcée, union sous une même bannière etc... contraire du communautarisme si important pour le système libéral. M'est avis d'ailleurs que la différence profonde entre le FN et l'UMP se situe là. Et entre les gaullistes et les sarkozystes aussi, même si sarkozy doit composer avec au moins 60 % de gaullistes qui l'ont élu (notamment question du voile et de la Turquie). Et on voit bien comment l'histoire de la burqa sert à unifier les droites (et mêmes les gauches) autour de visions républicaines communes.
Commentaire n°5 posté par Langue du diable le 08/07/2009 à 21h37
Yup je vois où ça achoppe. En fait, ce que j'appelle fasciste n'est pas au sens "historico-politique du terme". Dans ce cadre là, une hiérarchie établie à partir de l'argent ne diffère structurellement pas des autres systèmes fascisants à partir du moment où il ne se contente pas de poser des bornes aux libertés publiques entre les citoyens pour sactionner les abus d'un citoyen sur l'autre, mais cumule les "tabous". Par ailleurs, le communautarisme est le seul moyen d'imposer le lieu de puissance "argent" à grande échelle.
Après, je suis d'accord, le ton actuel est surtout droitisant. Mais la tendance longue est fascisante. D'ores et déjà les grand systèmes de conglomérats bancaires qui contrôlent les économies nationales (comme la Fed bank, qui est un réseau privé) imposent par suprématie monétaire transnationale son droit de l'or (en fait dette) qui remplace la vieille valeur sang.
En somme, on fait une large volte pour en revenir au vieux mythe de Midas et du toucher d'or.
Réponse de A.Thos. le 08/07/2009 à 21h50
Ton billet est intéressant mais souffre de rester dans les limites des généralités banales tout comme l'article que tu critiques d'ailleurs. Ta vision de la République est idéaliste et c'est tout en ton honneur. Mais elle supporte mal les contraintes de la réalité et ressemble aussi à une image d'Épinal. Va faire un tour à la Courneuve par exemple... Là bas la République tente de se maintenir comme elle peut à grands renforts ponctuels de présences policières chargées d'éteindre les incendies de bagnoles allumés par des petites minorités qui empoisonnent le quotidien de la majorité des habitants des lieux.
C'est au nom de la République et de la liberté du citoyen de pouvoir garder l'outil qui lui permet de se rendre à son travail ou de vivre tranquillement que la répression s'effectue.
Le « communautarisme » n'est pas le vrai problème.

Là bas des centaines de personnes d'origines différentes cohabitent (j'entends pas là des personnes, françaises pour la plupart , disposant de patrimoines culturels ou cultuels différents).
Et bien qu'intégrées au système républicain, elles gardent néanmoins certaines des spécificités propres à leurs traditions initiales. Et ça se passe plutôt bien, contrairement à ce que l'on imagine de l'extérieur.
La religion non plus n'est pas le problème. Qu'elle soit catholique ou musulmane, elle est une façon de voir les choses . Et ses dérives ne sont que des prétextes déguisés destinés à entretenir les manipulations humaines de certains qui en tirent profits et intérêts.

La misère économique y est présente mais comme partout en France. Elle n'est pas omniprésente. Elle y est sans doute plus voyante en raison du délabrement des mobiliers urbains.

La politique du relogement a ses limites : l'argent donné par le contribuable et le respect de leur nouvel environnement par les « relogés ».

La misère sociale n'est qu'une des conséquences de la volonté humaine de ne pas vouloir évoluer positivement, quelque soit sa condition. Etre pauvre n'est plus une fatalité comme il y a trente ans. Du moins si on veut s'en sortir. Avant la misère on la cachait, c'était une honte. Aujourd'hui on l'aide, on la subventionne, on la discrimine positivement.
La mixité sociale ne fonctionne pas trop mal dans notre pays . Le racisme est un problème humain pas forcément localisable géographiquement.. Pourquoi ma copine Leila , issue d'une famille modeste de 7 enfants a aujourd'hui « réussi «  socialement et pourquoi son frère entame sa 4ème année de prison ?
Tout est donc question d'individu.

Le greffon dont tu parles et qui n'est qu'une minorité se bat effectivement contre les hypocrisies des idéaux républicains, tu as raison. Il rigole quand il entend les politiciens de gauche ou de droite parler des valeurs républicaines et qu'il apprend que les intéressés auront un salaire à vie à ne rien faire tout en payant un loyer d'1Euro symbolique pour 200 mètres carrés dans un quartier huppé. Il rigole car l'intégration , l'identité nationale, il s'en fout. Ton exemplarité républicaine ne signifie rien pour lui. Ce qu'il veut c'est gagner de l'argent, pour pouvoir profiter de tout ce qu'il voit ailleurs et qu'il a envie de posséder. Parce qu'aujourd'hui l'image de la « réussite sociale » que véhicule notre société n'est pas synonyme de respect, de partage, de solidarité. Elle est synonyme d'argent, de pouvoir, d'individualité. Tout est donc question de société.

Et lui ne veut pas se faire chier à travailler durement pendant des années comme papa et maman. C'est trop dur, c'est trop long , c'est trop fatiguant. Il veut tout et tout de suite. Quitte à bafouer les principes républicains et foutre le bordel. Quitte à cramer la bagnole du voisin qui trime honnêtement pour payer ses crédits, quitte à embaucher ses petits frères de cité pour faire le guet. Il rejette en bloc ce qui ne va pas dans son sens et les valeurs auxquelles tu t'accroches , il leur pisse à la raie. Laisse lui donc le droit de faire ce qu'il veut , fais lui des lois qui vont dans son sens. Et il te transformera le pays en un bordel immense où ce qui est à toi est à lui mais pas inversement. Les ¾ des personnes dans ce pays survivent aussi comme lui. Mais lui veut dominer. Il veut prendre la place de ceux qui sont « en haut ». Tout est donc question de pouvoir.
Va donc faire un tour à la Courneuve et parle donc à ton greffon d'égalité sociale. Il ira dans ton sens et après t'avoir piqué ton portable te balancera sans doute un coup de pieds dans les dents. Car il ne se bat pas pour des idéaux républicains, il réclame sa part du gâteau dans la société de consommation. La voilà la triste réalité. Les inégalités ont toujours existé et c'est pas demain que ça va disparaître. Car les classes dominantes quant à elles , comptent bien faire tout ce qui est en leur pouvoir pour garder un maximum du gâteau.
Bienvenue dans la dure réalité de la race humaine.....
Commentaire n°6 posté par ShadowS le 14/07/2009 à 14h48
Ces "sauvageons" n'ont pas choisi grand chose, si ce n'est un modèle de survie au sein de leur milieu. Un milieu ghettoisé, construit à la hâte, bien à l'écart des villes.
Oui. Je ne suis pas dupe de l'état des lieux. Le problème de l'exemplarité que je présente ici est double, et pas à sens unique, et se construit dans un mécanisme, pas dans une "photo" arrêtée de la société à un instant "T". Ensuite, je ne plaide aucunement pour l'impunité. Mais on ne fait pour autant pas n'importe quoi avec la loi. Par ailleurs, la loi est en mal d'application et non pas d'existence. L'appareil législatif français est tout à fait en mesure de faire face à ce qui est "commis" dans les cités.
Le problème CENTRAL à mon sens est hyper environnemental. Pour information, j'ai vécu un certain temps du côté de la cité de l'Ariane, à Nice. Je te laisse te documenter sur cette cité qui ne pâlit pas de la comparaison avec la courneuve.
Alors, oui, bien sûr, les individus et rien que les individus. Dans l'absolu, tout le monde possède un libre arbitre. Mais un libre arbitre ça subit un certain paquet de pression, et la concentration en cité péri-urbaine contribue lourdement à conserver la péréquation en l'état.
Ce qui est la raison cynique pour laquelle actuellement le gouvernement joue au pompier incendiaire. Sauf que ça continuera à pourrir.
Enfin, et surtout, la question du relogement n'est PAS compassionelle. Elle est purement liée à de l'aménagement territorial. Est-ce un hasard si les cités ressemblent tant à des forteresses ? Et qu'à l'intérieur, peu ou prou, s'y déroulent des "battle royale" ?
La police de proximité commençait à porter ses fruits, elle a été démantelée...
Bref il est urgent de "casser" le système de "ghetto", de vase semi-clos, qui justement ne donne aucune raison immédiate à ceux qui "pissent à la raie" de la république de changer de comportement. Par ailleurs, c'est une question à aborder non sous l'angle de l'assistanat que sous l'angle de l'investissement à caractère national. Si la mesure est judicieuse, elle porte ses fruits en 10 à 15 ans environ.
Par ailleurs, même à coup de Kärcher, c'est pas la "zonzon" ni même la menace de cette dernière qui va infléchir les façons de faire de personnes qui veulent tout, tout de suite. Quant on ne pense jamais plus loin que deux mois à l'avance, c'est pas ce genre de perspective qui change quoi que ce soit. Et si en plus le pouvoir raisonne de la même manière qu'eux-même, il perd toute légitimité.

Quant à la question sur la durée, c'est moins aux "racailles" d'aujourd'hui que je pense, qu'aux gamins demain et aux choix qu'ils seront amenés à faire. A moins de casser physiquement le ghetto, c'est évident qu'une très grande partie d'entre eux choisira la facilité.
Réponse de A.Thos. le 14/07/2009 à 15h22
Je suis d'accord sur les plans de ré-aménagements urbains. Ça se fait déjà d'ailleurs. Quant aux "racailles" , que je nommerais plutôt délinquants, si tu as vécu dans ou près d'une Cité dite "sensible", tu sais très bien qu'ils aspirent aussi à un demain mais qu'ils ont choisi la facilité du mauvais chemin. Et ça c'est un problème d'éducation, tant au niveau local que national. C'est un problème d'emploi, c'est un problème de pognon. Alors on fait quoi ? Avec 6 millions de personnes au moins qui vivent déja avec rien par mois en France (et pas que dans les cités, loin s'en faut ), faudrait encore augmenter les impôts. Mais les français sont pas d'accord. Surtout la classe moyenne, celle qui en paye le plus , d'impôts, et qui glisse elle aussi lentement dans le tiers monde. Tout est donc question de politiques et de choix courageux même si ils sont difficiles et peu populaires. Ca se fait dans d'autres pays, avec quelques succès. Alors sommes nous plus bêtes que les autres ? Non, je ne crois pas. Mais le citoyen français a, de manière générale (et sans vouloir généraliser) , une mauvaise mentalité et un esprit systématique de contradiction. Il veut le beurre, l'argent du beurre et le cul de la crémière. Quand il retroussera ses manches au lieu de beugler, ça ira déja mieux.
Commentaire n°7 posté par ShadowS le 14/07/2009 à 22h57
Entre autres. En fait les solutions de politique publique existent aussi à revers. Notamment les mesures comme le droit de préemption etc. Par ailleurs, l'austérité dans un budget d'état n'est pas uniquement affaire d'augmenter les impôts. Comme dit le bon sens le plus crasse, il est moins question de dépenser plus que de dépenser autrement. Je ne parle pas de "y-a qu'à", un budget est affaire de choix, c'est bien pour ça que l'assemblée le vote. Quand on pense à certaines usines à gaz que bricole le gouvernement... Mais sans dévier du sujet, si on avait soumis à référendum l'abrogation de la peine de mort, la guillotine ne serait aujourd'hui pas une pièce de musée. Par ailleurs, pour la question de retrousser ses manches au lieu de beugler, et ce qui s'en reflète dans le vote, François Mitterrand avait cette phrase : pour gagner des voix, il ne faut pas avoir peur d'en perdre.
Réponse de A.Thos. le 15/07/2009 à 15h18

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